« Lors d’une tempête, on peut trouver la tranquillité au cœur même du typhon. »

Extrait de La vie aux mille couleurs de Giang Zilong

Il est peu fréquent que les speakers météorologiques vous commentent le passage du cyclone Carmela ou de l’ouragan Miranda alors même qu’ils sont dangereusement installés en plein cœur du puissant courant d’air. Pourtant, une fois n’est pas coutume, c’est au centre de l’œil du cyclone qui passa mercredi 26 mars 2014 sur la scène des Cariatides que cet article prend sa source. En effet, votre serviteur-rapporteur du dernier Quintet d’impro a eu le privilège d’en avoir aussi été un des acteurs. Et s’il est malaisé d’être son propre spectateur, il est heureusement plus simple d’être celui de ses camarades de jeu. Surtout quand ils ont autant de talent.

Dans un premier temps, Clémence et Maxou en décorateurs dignes des meilleurs shows d’M6, enduisent tous les murs de chlorure parce que « même si on sait pas ce que c’est, ça brille ». Et nous on aime bien quand ça brille ! Puis, histoire de montrer l’étendue de nos registres de jeu, nous passons en un instant des paillettes chlorées aux dépressifs anonymes. De ceux qui ratent même leur suicide. J’avoue avoir pris grand plaisir aux performances de mes camarades sur celle-là. Puis me voilà embarqué avec mes deux très vieux amis du lycée, Maxou et Capt’N pour d’émouvantes retrouvailles de camping. Je suis devenu directeur marketing, Maxou fait cuire des furets et Cap est dans le spectacle ou le documentaire animalier… j’avoue ne pas avoir très bien compris, naïf que je suis. Clémence et Caroline nous donnent ensuite un aperçu de ce que pourrait être leur vie dans un lointain futur. En petite vieille espionnant à leur fenêtre elles sont si criantes de vérité qu’il ne peut être question de jeu ici. Je croyais les avoir enfin cernées et voilà qu’à l’impro suivante, elles se font cobayes du Dr. StrangeMaxou dont la science quasi-miraculeuse permet de donner de la poitrine même à un Picard. Voilà que nos vieillardes de toute à l’heure se transforment en un battement de faux cils en superbes bimbos aux opulents appâts. J’avoue n’être allé sur cette improvisation que dans l’unique but de ne rien perdre du spectacle. Et alors ? Enfin la petite chanson habituelle vient clore cette première partie et confirme qu’à part Maxou, cette fournée d’improvisateurs n’était pas la plus balèze en contre-ut.

Dans la deuxième partie il m’a fallu beaucoup penser à la guerre et à Annie Cordy pour conserver une apparence de sérieux tandis que Maxou nous entraînait tous sur les chemins guerriers d’une aventure de Kung-fu. Le furet a fait son retour pour l’occasion. Nous avons ensuite testé le pouvoir d’attraction de la cigarette électronique sur le beau sexe… il est grand, très grand ! Le gang des clowns de banlieue décide juste après de vendre des toiles de Pissaro sur un pont… ne me demandez pas d’expliquer ! Il fallait, semble-t-il « voir au-delà du gloss »… ne me demandez pas d’expliquer, j’ai dit !! Caroline et moi-même avons eu le plaisir de nous étriper comme tout bon couple qui se rend chez les parents de l’un pour le poulet/frites du dimanche. Des communistes en plus ! Ce qui n’est pas notre genre à Kremlimpro. Finalement, tout s’est bien terminé (sauf pour les oreilles des mélomanes) avec notre traditionnelle comédie musicale où l’on a croisé : un amoureux qui fait des fautes d’orthographe, un facteur très zélé, une princesse pas guindée, un policier aussi amoureux et bien sûr Samantha. Samantha qui ?

Le public, ce soir-là, a beaucoup ri. Mesure-t-il sa chance ? Moi je mesure la mienne. En plein milieu d’une telle tourmente, le rire est interdit, certes, mais si vous saviez comme on est bien en se laissant porter par le tourbillon de l’improvisation.

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