« Et moi, je meurs de désir, avec mon prépuce découvert! »

En images,Les spectacles,Photos,Quintet 4 décembre 2013 14 h 16 min

Extrait de Lysistrata, Aristophane

Attention, éloignez les enfants et les âmes trop pures. Les mots qui suivent peuvent brûler les yeux. Non qu’ils se déploient en lettres de feux. Mais ils charrient avec eux un peu du torride brasier dont ils se font l’écho. Mercredi dernier, tandis que la bise mordillait les joues des quelques Parisiens égarés dans la rue Palestro, un chaud et langoureux baiser s’échangeait dans le secret d’une cave obscure et profonde. Aux Cariatides, le Kremlimpro faisait l’amour à son public…Alléluia !

Un quintet d’impro diront certains. Cinq comédiens contre un public, oui mais tout contre ; murmurant à son oreille délicieusement passive de coquines histoires… ça y est ? Les enfants sont couchés ? Bien. L’exotisme d’abord. Celui des pays slaves où Chrisland, son glaive dressé, éperdu d’amour, recherche Hilgue. Elle est si mince la frontière entre Éros et Thanatos. Carole ensuite vient faire soigner par Jim un mal si mal et si mal placé. « Il faut ausculter Docteur ». Deux Efferalgans suffiront !

Dans la moiteur amazonienne deux beaux bucherons aux muscles bandés et transpirants abattent à la hache, un à un, les arbres séculaires. Déforeste moi comme un vulgaire bois de l’ouest parisien semble hurler la forêt à travers la voix de cette militante écolo. Plus tard, Jim, tombé enfant dans une marmite de gingembre va réveiller la libido endormie de Joëlle, à moins que ce ne soit elle qui domestique la bête sauvage. Coucouche panier !

Chez des voyants qui lisent dans les chaises ou le marc de café, les mariages sont des visions du passé avant même d’être l’avenir, célébrations dionysiennes de l’amour libre. D’amour il en est question dans la chanson qui clôt cette première partie. Les amants climato-sceptiques s’aiment de plus en plus fort au fur et à mesure que la planète se réchauffe, se réchauffe, se réchauffe…

Dans la deuxième partie, les cœurs et les corps semblent enfin rassasiés. Alangui dans un demi-sommeil, votre serviteur s’est laissé bercer par quelques histoires de mouchoir, de lagon (bleu ?) et de pianiste incontinent. Mais c’est pour mieux se dresser tout entier et le rire d’abord au récit du diner de crevettes avec les Granger. Madame a un amant dans le placard, monsieur trousse la bonne, en bon camarade on s’échange…les cravates.

Miss avril 2012 quitte le papier glacé du calendrier Pirelli pour venir se faire tripoter l’embrayage dans le fourbillou d’un garagiste aux mains couvertes de graisse noire et sale, humm, si sale. Rien n’arrête les Kremlimpro. En funambule du théâtre ils se jettent sans filet dans une dernière comédie musicale. Jim et Joëlle s’envoient en l’air pour notre plus grand plaisir de voyeurs. La grande famille du cirque s’agrandit sous nos yeux et pour notre plus grand plaisir.

Prudes, saintes et angelots, si par hasard vous vous trouviez là et avez pris votre pied avec le Kremlimpro, il n’est plus temps de faire votre mijaurée. Vous irez brûler en enfer comme nous tous !

Pascal

 

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