Premier kiosque au Sonar(t): J’y étais!

En images,Les spectacles,Photos,Rencontres 21 janvier 2013 16 h 24 min

De Christophe Colomb à Neil Armstrong, ceux qui foulèrent d’abord le sol immaculé des nouveaux mondes et des terres inconnues en gardent, pour le reste de leur existence, une vive lumière dans les yeux. Un éclat particulier de la pupille, signifiant, pour celui sachant entendre les voix silencieuses des âmes : Peu importe le nombre de ceux qui viendront. Toujours ils suivront le premier. Et le premier, c’était moi !

C’est très exactement cette lueur qui habitait l’œil du public modeste mais précieux de la belle cave voutée du Sonar(t) ce jeudi 10 janvier 2013 vers 21h46. Et tandis que lentement la salle se vidait, on pouvait entendre, si on tendait le cœur, le murmure tranquille et silencieux des pionniers :

« J’étais là ! Peu importe le nombre de ceux qui viendront aux spectacles suivants. Je suis le premier à avoir assisté au nouveau spectacle de Kremlimpro, Le Kioske ! » 

Pour ce nouveau concept, la troupe du Kremlin-Bicêtre avait proposé à sa consœur et néanmoins amie des « Plaisir d’offrir » de partager l’aventure ; et il est certain que, dans les familles de ces talentueux improvisateurs, les générations à venir se transmettront longtemps, lors des veillées d’hiver, l’histoire de leurs aïeuls qui jadis joutèrent côte à côte avec le Kremlimpro dans le premier Kioske de l’histoire.

Ce fut donc une joute très amicale que ce premier spectacle entre trois comédiens aux couleurs du Kremlin et trois autres aux couleurs…du plaisir.

Sous la férule journalistique du Maître de cérémonie, les deux équipes et les six comédiens se sont rencontrés autour des thèmes directement prélevés dans l’actualité brûlante d’un célèbre quotidien de presse, réputé pour sa subversion et son intransigeance politique. Autant vous dire que le Kiosque n’est pas de ces spectacles d’improvisation mièvres et consensuels que l’on connaît trop bien pour les nommer. Kremlimpro, aidé pour l’occasion des Plaisir d’offrir, tape la où ça fait mal. No Pasarán !

Voyez plutôt :

Dans la page sport, on a dévoilé le scandale des courses de motocyclettes truquées.

À la rubrique culture, un philosophe proche de la pensée barthésienne, nous a démontré, images à l’appui que l’esthétique balnéo-estivale était intimement liée à l’homosexualité latente de Spiderman (et des super héros en général).

Les pages faits divers, sous couvert de l’anecdotique, ont courageusement dénoncé les lobbies industriels responsables de la pollution de notre écosystème en général et des lacs français en particulier. C’est le cœur serré que nous avons été témoins de l’agonie d’un homme tentant de conserver sa dignité malgré la perte progressive de tous ses membres après une simple baignade. Déchirant et tellement vrai.

Et que dire de la chronique politique : un cri de révolte à l’encontre de toutes les dictatures du monde dans lesquelles le peuple n’a pas de Palais et les mères portent la même barbe que leur fils.

Mais ne croyez pas que le Kiosque ce n’est que des cris, du sang et des larmes. La légèreté était aussi au sommaire du journal.

La lecture de l’horoscope nous a permis de constater qu’on ne peut lutter contre la destinée écrite dans les astres et les bols de Benco. Puis nous avons fini en nous détendant devant un programme télé varié et de qualité : reportage sur la banquise africaine, série policière aMinericaine ou les victimes de meurtres, parfois, sont mortes de vieillesse.

Bref, en sortant du Kiosque d’impro votre serviteur se sentait moins naïf, mieux informé et préparé à affronter ce monde. Il reviendra certainement le mois prochain. D’autres viendront aussi, toujours plus nombreux. L’Histoire est en marche et j’aime à penser que bien modestement j’en suis, moi aussi, un tout petit peu l’auteur. Car hier, en sortant de la belle cave voutée du Sonar(t), à deux pas des Sex-shops de Pigalle, on pouvait voir dans mes yeux une étrange et tenace lumière : « Peu importe le nombre de ceux qui viendront aux prochains spectacles. À la première du Kioske d’impro de Kremlimpro, (et des Plaisir d’offrir) moi j’y étais !

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